La Redoute : il faut sortir de l’incantation

Comme tous les Roubaisiens, je suis choqué, attristé par l’annonce du plan de restructuration massif de La Redoute, qui pourrait déboucher sur la perte de 700 emplois. Bien entendu, la ville de Roubaix doit faire le maximum pour limiter la casse, et garantir la sauvegarde d’autant d’emplois que possible. Mais ceci nécessite de regarder la réalité de la situation de l’entreprise, et de sortir d’une position purement incantatoire.

La Redoute est confrontée à de réelles difficultés stratégiques (virage internet pris sur le tard et de façon malhabile, clientèle presque exclusivement féminine, déficit d’image à l’international, etc) qui plombent ses comptes et la rendent déficitaire depuis des années.  Cette position n’est pas tenable et nécessite un repositionnement majeur sur lequel le maire de Roubaix, quels que soient ses talents, n’a pas le pouvoir d’agir.

La question est donc bien plus large que la simple mise sous pression de la direction de Kering et la négociation à la baisse du nombre de suppressions d’emplois à court terme, même si cela est bien entendu une obligation.

Le réel enjeu est de créer, avec l’appui de Kering, les conditions pour que Roubaix demeure, ou redevienne, le leader de la vente à distance. L’objectif stratégique doit être de créer un écosystème favorisant la création d’emplois quoi qu’il advienne, dans le futur, de la Redoute. Pour cela, il faudra bien plus que le campus de la gare et ses formations au e-commerce, que le maire semble considérer comme un remède à tous les maux. Bordeaux possède la référence française en matière de formation aux achats, et n’est pas pour autant une pépinière de centrales d’achats. Si Roubaix veut devenir le cœur du e-commerce, les discussions avec Kering doivent porter sur le soutien financier, logistique, humain et d’infrastructure qu’apportera Kering au plan de dévelopement défini par la mairie. La balle est donc, en premier lieu, dans le camp du maire.