Oui, c’est l’heure de vérité

En Marche ! intrigue. En Marche ! interroge. En Marche ! interpelle. Parce que le mouvement ne rentre pas dans les cases, parce qu’il casse certains codes imposés par les partis traditionnels. Emmanuel Macron n’est pas le premier à comprendre que les partis, tels qu’ils s’organisent aujourd’hui, sont morts. Mais il est le premier à réussir à créer une réelle alternative, et à l’imposer dans le paysage politique comme une évidence incontournable.

Oui, En Marche ! repose sur des intuitions géniales, comme le souligne Youenn Martin dans Nord Eclair, telle celle de permettre à n’importe qui de créer son comité local, de laisser le temps au temps, de voir quels comités prospèrent, lesquels ne décollent pas, avant d’opérer un nettoyage. Comment pourrait-il en être autrement dans un nouveau mouvement ? Aurait-il fallu qu’Emmanuel Macron et son équipe tirent un chef du chapeau, placent leurs amis, imposent les élus locaux, bref, fassent de la vieille politique ?

Autre intuition géniale, celle d’affirmer, clairement, qu’En Marche ! proposera 50% de candidats issus de la société civile aux législatives, et 50% de femmes dans les circonscriptions dites « gagnables ». Youenn Martin s’interroge sur la fraicheur du mouvement ? Mais elle est là ! Certes, cela passe par assumer le fait que ce soit « le chef » qui désigne les candidats, et non pas les militants. Mais c’est nécessaire afin d’assurer, justement, cet équilibre national. C’est nécessaire, aussi, afin de s’assurer que les réfugiés politiques de gauche comme de droite n’arrivent pas avec leurs hordes de suiveurs, en ayant pour seul but de gagner le vote militant pour une investiture.

Oui, nous accueillons ceux, et de droite, et de gauche, qui se reconnaissent dans la vision portée par Emmanuel Macron. Nous les accueillons sans arrière-pensée, avec bienveillance et exigence. L’exigence, en particulier, de contribuer au collectif, à l’animation des comités et de la campagne, aux discussions sur le fond du programme et sur la forme de la campagne.

Et juste un mot pour conclure. Je me suis trop gaussé des sarkolâtres, j’ai trop ironisé sur les apparatchiks socialistes tellement dépendants de la bonne volonté d’un élu pour survivre qu’ils en oubliaient de réfléchir, pour tomber dans les mêmes travers. Je ne suis et ne serai jamais béat devant Emmanuel Macron. Je suis circonspect sur sa proposition de pass culture. Je pense qu’il fait erreur sur Notre-Dame-des-Landes. Je serai peut-être en désaccord sur d’autres sujets. Mais il est le seul capable de proposer, plus qu’un programme, une vision commune et partagée de la France.