Parce qu’il ne suffit pas d’ouvrir les yeux

Il suffirait d’ouvrir les yeux, apparemment, pour voir l’inefficacité du service Vivacité de la ville de Roubaix. Peut-être. Personnellement, n’étant pas doué du don de vision universelle, pour commenter un sujet aussi sérieux et complexe, je préfère me baser sur des faits. Service de la Ville destiné à recevoir les signalements de dysfonctionnements ou d’atteintes au cadre de vie, Vivacité a bénéficié depuis 2 ans d’évolutions majeures. D’une part, la communication sur l’existence de ce service, qui avait été largement abandonnée, a été renforcée. D’autre part, les moyens de saisir cette équipe ont été élargis. La saisie en ligne via le site web de la mairie a été simplifiée, et nous avons introduit une application mobile, en 2015. Cette appli est d’ailleurs, depuis le 2è trimestre 2016, le premier moyen de signalement utilisé par les roubaisiens.

En pratique, ces efforts ont permis d’augmenter le nombre de signalements reçus par la plateforme Vivacité, d’environ 10000 en 2014 à 12000 en 2015, et 2016 devrait avoisiner les 15000 signalements.

Les signalements du public concernant la propreté urbaine peuvent être divisés en 2 groupes :

  • Manque de propreté générale d’une rue ou d’un trottoir d’une part,
  • Signalement d’un dépôt sauvage d’autre part

Les signalements concernant la propreté générale étaient au nombre de 1718 en 2014, 1421 en 2015, et, au rythme actuel, seront de l’ordre de 670 en 2016. Ceci valide les efforts budgétaires et de réorganisation faits par la ville lors des 2 dernières années.

A l’inverse, les signalements de dépôts sauvages augmentent après une pause en 2015 : de 5911 en 2014, ils étaient 3920 en 2015, et seront vraisemblablement au-delà de 6000 cette année. Clairement, ceci n’est pas satisfaisant.

Les raisons de cet accroissement sont multiples. D’une part, le passage au ramassage des encombrants sur rendez-vous n’a pas été suffisamment expliqué et accompagné sur le terrain par la MEL. D’autre part, l’effet des plus de 1000 PV dressés ces 12 derniers mois, et des plus de 100 procès gagnés au tribunal, ne se fait pas encore sentir : le sentiment d’impunité persiste toujours trop. Par ailleurs, le rythme de renouvellement de la population dans certains quartiers est tel que les 4 ambassadeurs de propreté, dont le rôle est d’éduquer, informer, sensibiliser, ne parviennent pas toujours à suivre le rythme.

Alors, oui les dépôts sauvages persistent en ville, et il n’est pas question de le nier. Mais oui, aussi, nous investissons plus que jamais par le passé dans le nettoiement, la répression, et la sensibilisation. Et oui, nous demandons à la MEL de prendre ses responsabilités sur ce phénomène qui est de sa compétence, et étudions des solutions communes.

Au final, quoi qu’en pensent, et surtout qu’en disent certains, je refuse de pointer du doigt les agents de la ville en général, et du service Vivacité en particulier, qui sont sous une pression permanente. Je refuse de les tenir pour responsables du manque de civisme d’une minorité de roubaisiens répugnants.