Pour une véritable stratégie du cyclisme de haut niveau à Roubaix

On apprend aujourd’hui dans Nord Eclair que le club cycliste professionnel Roubaix-LM risque de disparaître, faute de pouvoir boucler son budget 2012-2013. Il serait ironique, pour ne pas dire désespérant, que le club doive déposer le bilan 2 semaines après l’inauguration en grande pompe du Stab, le nouveau vélodrome couvert. Malheureusement, ceci est symptomatique du manque de réflexion de fond sur un vrai

Au coeur de l’Enfer du Nord

projet de cyclisme à Roubaix. Le Stab n’a de sens que s’il s’inscrit dans un tel projet : passé l’engouement initial et les séances de découverte ouvertes au public, on voit mal comment le Stab parviendra a acquérir un public.

La section sport-études cyclisme du lycée Van der Meersch, en face du vélodrome, a ré-ouvert en septembre après quelques années d’arrêt. C’est évidemment une bonne nouvelle, mais cela ne suffira pas a faire du Stab un succès.

Il existe plusieurs axes de développement possible :

– les pôles Espoir de la Fédération Française de Cyclisme permettent aux jeunes cyclistes d’atteindre le haut niveau. Pour un jeune du Nord Pas de Calais, le plus proche est à Fontainebleau, Nancy ou Caen. Or, on peut imaginer que la synergie entre une section sport-etudes et un pôle Espoir est évidente;

– les 6 pôles France, qui s’adressent aux coureurs élites susceptibles d’être médaillés lors de compétitions internationales, sont tous au sud de Paris.

Il n’est pas interdit de penser que Roubaix possède les équipements, la culture cycliste, les terrains et batiments disponibles, pour que l’implantation d’un pôle d’élite de la FFC vienne complémenter le Stab et Van der Meersch. On peut même se dire qu’il devrait être possible, au nom de la décentralisation, de convaincre la FFC de déménager de la  déprimante zone industrielle qu’elle occupe à Rosny-sous-Bois, pour venir s’installer à Roubaix, au coeur de la légende du cyclisme, dans le magnifique bâtiment avenue Roger Salengro, vide depuis des annees, et directement en face du Stab.

Mais pour cela, au lieu de se chamailler avec le ministre des Sports pour savoir qui doit remettre le traditionnel pavé au vainqueur du Paris-Roubaix, il conviendrait d’adopter une démarche de partenariat avec les instances nationales du sport et du cyclisme, et de définir une vision stratégique et à long terme du sport en général, et du vélo en particulier, à Roubaix.

En attendant, comme le soulève le président du Roubaix-LM, « Il faut juste savoir si, en terme d’image et de communication, c’est important ou pas d’avoir une équipe professionnelle qui représente notre région, notre département, LMCU ou la ville de Roubaix ? ».