Rythmes scolaires : la facture explose

Le Conseil d’Etat a rejeté en début de semaine le projet de décret visant à permettre un assouplissement des taux d’encadrement des activités périscolaires. Pour mémoire, le projet prévoyait de passer de la règle actuelle de 1 encadrant pour 10 ou 14 enfants selon l’âge à 1 encadrant pour 14 ou 18 enfants.

 

Le but affiché de la réforme des rythmes scolaires est d’écourter la journée de classe des élèves afin de leur proposer, en fin de journée, des activités éducatives ou sportives de qualité. Or, cette volonté d’abaisser le taux d’encadrement  comportait une navrante contradiction puisqu’elle entendait proposer des activités périscolaires de qualité et, en même temps, faisait en sorte qu’il y ait moins d’adultes pour s’occuper des enfants ! J’avais d’ailleurs, à plusieurs reprises, demandé une réponse claire quant à l’encadrement des enfants à Roubaix, tant concernant le nombre des encadrants que leurs qualifications. Cette réponse n’est jamais venue.

 

Heureusement, le Conseil d’État vient de refuser l’assouplissement des normes d’encadrement. Cette baisse du taux d’encadrement avait évidemment une raison financière : elle permettait aux municipalités de minimiser les dépenses liées à la prise en charge du temps périscolaire en réduisant le nombre d’encadrants. Une des raisons présentées par le Conseil d’Etat est la suivante : « on ne peut expérimenter une réforme en réduisant une règle qui induirait une baisse de sécurité des mineurs ». On ne peut évidemment que se réjouir de cette décision.

 

En même temps, alors que, avec un coût annoncé publiquement le 2 juin de 2 millions d’euros, nous étions déjà bien au-delà de la fourchette haute des promesses faites plus tôt (souvenez-vous, 1.5 millions d’euros maximum), il y a fort à parier que ce nouveau couac alourdira encore la facture. On rappelle que la ville touchera 900.000 euros d’aide de l’Etat la première année (450.000 la deuxième année), et a budgété 700.000 euros supplémentaires. S’il manquait déjà au minimum 400.000 euros, nul ne sait plus maintenant quelle sera la facture finale. Si on en croit les calculs de Max André Pick, les contribuables roubaisiens ont du souci à se faire…