Un petit peu d’humilité.

Youenn Martin publie ce jour dans Nord Eclair un édito qui m’a surpris. Les nouveaux élus roubaisiens, ou certains d’entre eux,  auraient chopé le melon. Ils toiseraient la presse et se moqueraient des propositions de service de l’ancienne majorité.

Guillaume Delbar avait proposé à la presse, dès les premiers jours de son mandat, une manière « apaisée » de gérer les relations entre nous. Cette majorité, le nouveau maire l’a promis, recherche aussi une gouvernance apaisée et ne rejettera aucune bonne idée au prétexte qu’elle viendrait de l’opposition.

Nous avons tous, à ma connaissance, cherché les compétences et les connaissances où qu’elles se trouvent. A titre d’exemple, j’ai sollicité, et je continuerai à le faire, l’aide de l’opposition, ou d’anciens élus de l’ancienne majorité, ou de membres de listes concurrentes aux dernières élections, sur nombre de dossiers qui me tiennent à cœur : Barbieux, l’Entre-deux-parcs, la propreté…

Nous avons tous à cœur d’avancer, et d’avancer vite. Malgré cela, le rythme d’une communauté de la taille et de la complexité de Roubaix n’est pas celui de la presse quotidienne. Le presse a la tâche difficile de proposer à ses lecteurs, tous les jours, de nouvelles informations. Les élus ont la tâche, tout aussi difficile, de remplir, sur une période de 6 ans, le contrat passé avec les électeurs. Parfois, les moments forts de ces deux tâches coïncident. Parfois, la différence entre les durées des cycles est trop grande pour qu’ils entrent en phase. A titre personnel, lorsque j’ai été sollicité par la presse, et que j’étais en mesure d’apporter des réponses, je l’ai fait. Lorsque les questions abordaient des sujets sur lesquels je n’avais pas de réponse, ou pas de réponse suffisamment précise, je l’ai dit. Je ne pense pas être unique en cela, j’ai l’impression que c’est une manière de faire assez partagée.

Mes collègues et moi sommes élus. Nos réponses à la presse nous engagent. Ce que nous disons, nous sommes en devoir de le faire. Il me parait légitime, dès lors, de mesurer ce que nous disons. Personne d’entre nous, j’en suis persuadé, ne dénie à la presse le droit d’écrire sur les sujets qu’elle souhaite. Mais nous entendons tous conserver le droit de choisir les sujets sur lesquels nous nous engageons.

A contrario, ne pensons pas non plus que rien ne se passe dès lors que la presse n’en parle pas. Les centaines de pages de délibérations de chaque conseil municipal ne sont que la partie émergée des milliers d’heures de travail et de pages rédigées en amont. Que la presse choisisse de commenter quelques-unes de ces pages est bien entendu son droit (et, reconnaissons-le, un sacré soulagement ; personne ne veut payer 30 euros un journal quotidien de 2 kilos…), mais ces pages ne reflètent pas nécessairement les priorités ou le travail actuel des élus.

Alors, de l’humilité, oui, il en faut, et nous en avons. Peut-être est-elle inégalement répartie entre nous, mais ce n’est pas propre aux élus.